Je m'étonne que la nouvelle n'a pas été plus commentée que ça. Nine Inch Nail (ok, ce n'est pas ma tasse de thé musicalement parlant), qui n'est pas un illustre inconnu dans le monde de la musique, fait paraître un album complet, librement téléchargeable, sous une licence Creative Commons. Donc, librement téléchargeable, et écoutable selon quelques restrictions dont la plupart des fans ne seront pas concernés.
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C'est la première fois qu'un artiste à la notoriété bien assise décide de diffuser un album en utilisant ce mode de licence. Quelles sont les immplication ? Révolution silencieuse ou révolution totale ?
J'ai appris la nouvelle sur une news de 01net. Vous pouvez en lire le contenu, qui réume la démarche de manière "brute". L'article de 01net s'arrête là où il est intéressant de s'attarder...
Le choix de la licence Creative CommonsCe qu'a fait Nine Inch Nail est très différent de ce qu'a fait il y a quelques mois Radiohead en mettant en téléchargement un album sur Internet mais en proposant à l'internaute de payer (y compris une somme nulle) pour l'obtention de son album.
L'album The Slip est lui diffusé selon une licence copyleft, une licence Creative Commons BY-NC-SA. La notion de gratuité n'est pas suffisante pour caractériser cette licence, puisque elle détermine également le type d'utilisation et de diffusion de l'album. Bien que la licence Creative Commons BY-NC-SA soit la plus restrictive de toutes les licences (modulaires) Creative Commons : l'oeuvre est librement diffusable aux conditions suivantes :
Les premières choses que l'on vient à se dire, c'est :
"tient, ils sortent du système en c'est tant mieux pour eux",
"ils préservent leur indépendance",
ou encore "ils gardent la maîtrise artistique de leur oeuvre".
La bonne question à se poser, c'est de savoir ce qu'implique ce mode de distribution.
Les changements de ce mode de distribution Sans entrer dans tous les détails, avec cette licence, on pense immédiatement que Nine Inch Nail s'affranchit des coût occasionnés par une maison de disque. Oui, entre autres. Mais ça va beaucoup plus loin.Quoi qu'on en dise, je n'analyserai que les faits :
La question qu'il faut se poser, c'est évidemment celle de la viabilité du modèle économique du libre qui a été choisi. L'expérimentation de Nine Inch Nail, car en tant que grande première c'en est une, sera à suivre de près, car elle ne manque pas d'intérêt et si elle se révèle viable à un niveau acceptable pour le groupe, on est à la veille de quelque chose d'énorme dans le monde de la musique...
A cette question, je vous renvoie sur un précédent billet qui présente en détail la problématique du modèle économique fondé sur la vente à coût zéro.
Attention : comme j'aime à le répeter souvent sur ce blog, sans le talent : l'Internet ou la licence Creative Commons ne change rien. Tout au mieux, la daube diffusée sera plus souvent écoutée, mais daube elle restera et ne permettra pas d'envisager la moindre forme de rémunération.
Nine Inch Nail était initialement un groupe très connu avant de faire le choix de ce modèle économique, alors que mon artiste libre préféré, Arthur Yoria, galère pour émerger du lot. Lui, le talent, il l'a (voir mes billets à son sujet : Arthur Yoria, roi de la pop-rock libre, son album Handshake smiles, et une initiative récente et géniale de sa part).
Lui, contrairement à, Nine Inch Nail, n'était pas encore connu quand il s'est engagé dans la production libre de la musique. Il ne rencontre le succès qu'auprès d'un groupe de fans dont je fais partie, et se pose la question, sur MySpace (regardez son message blog intitulé let’s give this a shot 6/6...) de savoir s'il va continuer pour la simple raison qu'il n'en vie pas assez correctement.
Ce genre de réflexion me paralyse littéralement d'horreur. Quand j'entend ce qu'on entend, ce qu'on essaie de me faire soit-disant aimer musicalement... non. Je ne peux pas laisser faire ça.
Vous trouverez dans mes prochains billets du buzz pour Arthur Yoria, parce qu'il le mérite largement.
Je croise les doigts pour le côté effectivement, factuellement et totalement révolutionnaire de ce modèle économique en musique.
Quelques liens pour conclure ce billet :
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